17 juillet 2008
MNR Nicolas Bay
Nicolas bay,
Secrétaire général du MNR.
NPI : Nicolas Bay, bonjour. Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 30 ans, je suis né et j’ai grandi en région parisienne, dans les Yvelines précisément. Après des études de droit, j’ai créé ma propre entreprise, dans le secteur informatique, il y a un peu plus de cinq ans.
NPI : Quel a été votre parcours politique jusqu’à aujourd’hui ?
J’ai rejoint les rangs de la droite nationale en 1993, en adhérant au FN et en prenant progressivement des responsabilités au sein de ma fédération et du FNJ. J’ai notamment été secrétaire départemental FNJ 78 jusqu’à la scission de 1998. J’ai ensuite poursuivi le combat politique dans les rangs du MNR dont je fais partie de l’équipe dirigeante depuis 2001. Ces dernières années, j’ai porté les couleurs du MNR à la plupart des élections sans forcément obtenir des résultats mirobolants, j’en conviens ! En 2001, j’ai été élu conseiller municipal de Sartrouville (78), la liste que je conduisais obtenant plus de 11% des voix. J’ai été réélu — de justesse ! — en mars 2008, ce qui me permet, malgré un contexte difficile pour le MNR et pour notre camp, de poursuivre mon implantation locale parallèlement à mes responsabilités nationales. Je suis actuellement Secrétaire général du MNR et, après le départ de Bruno Mégret qui a récemment quitté la vie politique, je souhaite m’investir pleinement dans le rassemblement et le renouveau du camp national.
NPI : Il y a maintenant près de 10 ans, Bruno Mégret quittait le Front National pour créer le MNR. D’après-vous, cette scission a-t-elle eu des conséquences néfastes pour la droite « nationale » ?
C’est évident. Qui pourrait prétendre le contraire ? L’ensemble de notre famille politique en souffre encore aujourd’hui : le FN ne s’en est jamais remis. Quant au MNR, il n’a pas émergé et s’est ensuite effondré électoralement. Il est temps de mettre fin à la division de la droite nationale. Il s’agit d’une priorité stratégique et d’un préalable à toute remobilisation.
NPI : Aujourd’hui où en est le MNR ?
Je ne reviendrai pas longuement sur les principales faiblesses du MNR qui sont d’ailleurs bien connues : un poids électoral marginal et une situation financière difficile. Mais notre mouvement détient aussi des atouts. En particulier, il compte dans ses rangs de nombreux cadres et militants de valeur et l’immense majorité d’entre eux souhaite continuer le combat politique, dans un esprit de réconciliation et de renouveau, sans aucune animosité à l’égard du FN. En outre, le MNR a profité de ses années de « traversée du désert » pour travailler sur un projet politique solide et en phase avec les enjeux du XXIe siècle. Je suis convaincu que nos réflexions et propositions seront très utiles au camp national dans son ensemble, que ce soit par exemple sur la question de l’islamisation ou encore sur l’Europe. À quelques mois des élections européennes, la droite nationale doit tenir un discours crédible condamnant sans réserve l’Union européenne dont l’action et le fonctionnement vont à l’encontre de tous les intérêts de notre continent mais il nous faudra porter surtout un projet alternatif d’une autre Europe, assurant la puissance et l’indépendance collective des nations européennes, dans le respect de la liberté des peuples.
NPI : Jean Marie Le Pen a réuni près de 4 millions de voix à l’élection présidentielle. Et pourtant certains estiment que cela a été mauvais au niveau des résultats. Quel est votre avis à ce sujet ?
Nous sommes bien placés au MNR pour savoir que les succès électoraux ne sont pas si faciles à obtenir ! Même s’il est en recul par rapport aux résultats de 1995 ou de 2002, le score obtenu par Jean-Marie Le Pen l’an passé reste très important. Face à Sarkozy qui a allègrement marché sur nos plates bandes en utilisant nos idées, notre vocabulaire et nos symboles pour se faire élire, la droite nationale n’était pas assez solidement organisée ni assez rassemblée pour résister efficacement. À cet égard, je regrette que « l’union patriotique » se soit faite a minima… Mais il faut maintenant regarder vers l’avenir et je sais que les positions des uns ou des autres dans une situation donnée ne préjugent en rien de ce qu’ils diront ou feront dans d’autres circonstances.
NPI : Quel est votre sentiment sur la création de nouveaux partis politiques au sein du courant national ?
Comme je l’ai dit en diverses occasions ces derniers mois et notamment au Conseil national du MNR le 22 juin dernier, il me semble totalement illusoire de prétendre « rassembler » et « refonder » la droite nationale en refusant de dialoguer et de coopérer avec le FN et/ou ses dirigeants qui représentent, qu’on le veuille ou non, l’unique force électorale de notre camp. Créer de nouvelles structures politiques qui tentent de se positionner en concurrence des mouvements existants me semble être une grave erreur politique. Le rassemblement des nationaux… Beaucoup en parlent mais peu agissent réellement dans ce sens !
NPI : Envisagez-vous des rapprochements avec le Front National ?
Oui. Le MNR reste un mouvement indépendant mais je pense qu’une coopération peut s’établir. D’autant que le MNR n’est pas — ou n’est plus — un concurrent du Front national, à la fois en raison de son poids électoral devenu très modeste mais aussi et surtout parce qu’il s’inscrit dorénavant dans une démarche résolue de rassemblement.
NPI : Quel avenir pour le MNR ?
Le MNR détient un certain nombre d’atouts qui justifient qu’il ne se saborde pas purement et simplement. Il a un rôle à jouer pour participer utilement au renouveau de la droite nationale.
NPI : De qui vous sentez-vous le plus proche politiquement ?
Je me sens proche et prêt à travailler avec tous ceux qui mènent le combat national en première ligne, dans l’arène politique, électorale et médiatique. L’essentiel, c’est l’action. La mobilisation et l’unité en découleront.
J'apprécie les dires de Nicolas BAY et je suis favorable à tout rapprochement avec les partis de la droite nationale même le FN dès le moment que le MNR garde son autonomie et que la liberté d'expression et mes convictions personnelles ainsi que celles de tous les responsables des mouvements de la droite nationale soient respectés. Ainsi naîtra dans la diversité un grand mouvement de la droite nationale qui aura toutes les chances de réussir.
Gabriel BASTIAN 
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