27 mars 2009

Farid Smahi FN : « Les Français ont le gouvernement qu’ils méritent »

smahi

Ancien élu d’Ile-de-France, membre éminent du Front national, Farid Smahi est également l’auteur de deux ouvrages : Faut-il brûler les Arabes de France ? Arabisme et francité, hier, aujourd’hui, demain et Un homme, une voix : Paroles d’un élu contre la fracture nationale.

Sans langue de bois ni faux-semblant, il a accepté de répondre à nos questions afin de nous livrer son analyse sur les sujets qui font la France d’aujourd’hui.

Interview réalisée par téléphone le 12 mars 2009

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Farid Smahi lui-même

Critikos : M. Smahi, personnalité de la vie politique d’Ile-de-France et membre du bureau politique du Front national, vous êtes assez peu connu du grand public. Pouvez-vous nous présenter vos fonctions et votre combat politique en quelque mots ?

Farid Smahi : Comme vous l’avez dit je suis membre du bureau politique du Front National et ancien conseiller régional d’Ile-de-France, élu de 1998 à 2004. Je suis également secrétaire départemental de la fédération de l’Essonne, que Jean-Marie Le Pen m’a chargé de restructurer.

A titre personnel, je menais avant mon entrée dans la vie politique un combat contre la bi-nationalité, que je considère comme un danger, au sein de l’association « Arabisme et Francité ». Tout étranger a le droit, s’il le mérite, de devenir Français, à condition qu’il abandonne ipso facto sa nationalité d’origine. On ne peut pas se réclamer à la fois de la patrie Française et d’une autre : de même que nous n’avons qu’une seule mère, nous n’avons qu’une seule patrie. Imaginez une seule seconde qu’on ait aujourd’hui un conflit avec l’Algérie pour une affaire de gaz ou autre, comment croirez-vous que les binationaux Algériens sur notre sol réagiront ? De quel côté se mettront-ils ? Une grosse partie de la population française, aujourd’hui, est détentrice d’une nationalité hybride. Le cheval de Troie est dans nos murs. Je ne comprends pas pourquoi les gouvernements successifs, de la gauche caviar à cette fausse droite, qui ont lu mes ouvrages et articles, qui ont entendu mes cris d’alarme, ne se sont pas penchés sur cette hérésie juridique que constitue la bi-nationalité. J’ai décidé de rejoindre le Front National car il lutte contre cela. Quand on voit tous ces Français qui vous disent « Je suis Français», en ajoutant toujours « J’ai les papiers Français » comme s’il s’agissait seulement d’une histoire de papier…je ne comprends pas pourquoi on ne fait rien. Cette hypocrisie me désole et me fait mal au cœur, pauvre France !

CK : Dans une période où la « diversité » est mise à toutes les sauces, comment expliquez-vous qu’aucun média ne vous donne régulièrement la parole ?

FS : C’est simple : tout citoyen Français qui n’est pas dans le système se voit marginalisé.

La diversité, telle qu’elle est conçue aujourd’hui à travers les médias, c’est de la foutaise ! Quand Zidane réussit, c’est le « Beur » qui réussit, quand la France gagne la Coupe du Monde, c’est une victoire « Black-Blanc-Beur »… c’est n’importe quoi ! Dans le même temps, les médias critiquent les Beurs dès qu’ils réussissent. Quand je vois le livre « Belle amie », ou Rachida Dati est descendue en flèche par Michaël Darmon et Yves Derai, ça me révolte. Simone Veil serait à ce poste, croyez bien que personne n’aurait écrit sur elle. Il n’y a pas de « diversité » au XXIème, on est français ou on ne l’est pas. Pour moi la nationalité française s’hérite ou se mérite. Arrêtons de parler des Blacks, des Beurs, des Blancs ; un abruti est un abruti, quelle que soit son origine. Ce sont les compétences qui doivent être valorisées, ni plus ni moins, et ce n’est pas parce que je m’appelle Farid que je dois avoir une place réservée dans une Grande Ecole. Que Mamadou ou Fatima travaillent à l’école pour avoir un emploi, comme je l’ai fait ! L’important est l’éducation de nos enfants ; à quoi bon demander qu’on construise des mosquées ? La France a besoin d’unité autour de ses valeurs, de son histoire.

CK : Comme vous l’avez évoqué plus haut, vous êtes également le président des cercles « Arabisme et Francité », qu’est ce que la Francité pour vous ?

FS : La Francité c’est aimer son pays, son histoire, sa culture. C’est une manière d’être. La Francité ce sont les régions françaises, de métropole ou d’Outre-mer. La France est le plus beau pays du monde, pays sur lequel le soleil ne se couche jamais. Le fait d’être Français, c’est accepter tout ce patrimoine.

Le Front national

CK : La prochaine échéance électorale est européenne. Quelles sont les espérances du Front national après, notamment, la déception de 2007?

FS : Le Front National a subi trahison sur trahison et je pense que les défections qui se multiplient sont manipulées de l’extérieur. Je tiens à rappeler que Bruno Mégret était parti avec 146 conseillers régionaux (en 1999, ndlr) et que le Front national s’en est remis. Il sortira vainqueur et a toujours la tête haute et les mains propres. Je suis d’ailleurs en très bonne position puisque je suis n°3 sur la liste d’Ile-de-France, ce qui prouve bien que le Front national n’est pas raciste ; que ferais-je dans un parti raciste ?

CK : Comment le Front national, un parti largement anti-européen, peut-il espérer peser sur la politique de Bruxelles ?

FS: Par le regroupement de partis nationalistes. On veut dire aux Français qu’il faut envoyer des élus pour dénoncer le fait que l’Assemblée Nationale ne vaut plus rien. C’est une chambre de gros bourgeois qui s’endorment sur leur siège en faisant semblant de pondre des lois.

Le Front national n’est pas contre l’Europe, car c’est une bonne chose, mais nous voulons une vraie Europe des Nations.

CK : Plus généralement, et dans une période qui semble donner raison au Front national sur bon nombre de sujets, celui-ci ne devra-t-il pas devenir plus « fréquentable » s’il veut enfin remporter un succès électoral de premier plan ? Marine Le Pen représente-t-elle à ce titre l’avenir ?

FS : Le Front National et Jean Marie Le Pen ont prédit depuis 20 ans ce qui allait se passer aujourd’hui : l’immigration, le chômage, la vie chère. Il faut dire aux Français que l’immigration nous coûte à tous 60 milliards d’euros par an. Nous n’avons rien contre les immigrés, absolument rien ; nous en voulons à ces gouvernements successifs qui font de notre pays le radeau de la Méduse.

Les gens commencent à réaliser que les médias ont trop martyrisé ce parti mais, vous savez, je crois en la justice.
Concernant Marine Le Pen, c’est une femme exceptionnelle. La France nous donne un homme comme Jean Marie Le Pen une fois tous les 1000 ans, et voilà qu’arrive sa fille, qui aime son pays, sa patrie, qui a le courage de garder le nom de son père, qui a subit les injustices les plus scandaleuses. Elle représente une droite nationale nouvelle .Alors je dis pourquoi pas. Nous avons des compétences au Front National vous savez : Bruno Gollnisch, et beaucoup d’autres.

L’important est que nous sommes un parti qui fait de la politique et tout le monde est dans cette optique là. Pour le reste, nous sommes un parti démocratique et les militants décideront en leur âme et conscience. Quel que soit le futur n° 1, le Front national continuera de faire son maximum pour que la France retrouve le statut qu’elle mérite, tout en aidant sur place les pays en développement, comme ceux du Maghreb, pour qu’ils s’élèvent réellement. J’espère que les Français vont prendre conscience qu’ils auront le choix, aux Européennes, de mettre au pouvoir autre chose que ceux qui ont mis notre pays dans son état actuel.

Critikos remercie chaleureusement M. Smahi pour sa franchise et sa disponibilité.

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