31 octobre 2009

Société : quelques réflexions sur les « statistiques ethniques »

Patrick BINDER.Alsace.jpgPar Patrick Binder, Conseiller municipal FN de Mulhouse depuis mars 2008, Patrick Binder conduira la liste FN en Alsace lors du scrutin régional de mars 2010

La virulence de la polémique sur les statistiques ethniques montre que l’on touche un point sensible de la conscience nationale car l’idée même d’établir de simples statistiques a longtemps été controversée. Mais pourquoi donc ?

 

La réalisation de statistiques générales sur la population coïncide donc avec l’émergence de l’idée de nation. Elles en sont en quelque sorte le miroir chiffré. C’est pourquoi, les statistiques ethniques s’inscrivent dans cette logique dans la mesure où elles visent à mieux refléter la réalité de la nation française. Pourtant, l’image que risque de produire ce miroir et l’usage qui pourrait en être fait, manifestement, inquiète. Le miroir, c’est un comble, menacerait la cohésion nationale…

Alors, le débat se concentre sur la manière de mesurer la diversité : faut-il recourir aux statistiques ethniques comme il en existe aux États-Unis ? Faut-il une mesure plus large et plus subjective fondée sur le « ressenti d’appartenance » ? Force est de constater que dans les deux cas, la réponse dans notre pays consiste à dire que de telles mesures encouragent le communautarisme. Mais pendant que ce débat s’éternise, les discriminations prospèrent. Or c’est précisément sur ce terreau qu’est née la machine à fabriquer des revendications communautaires. Pour corriger l’écart entre l’idéal républicain d’égalité et la réalité, des outils de mesure des discriminations sont nécessaires. Croire que ces outils menacent la cohésion nationale est un leurre. Ce qui la menace vraiment, c’est l’inaction. On serait d’ailleurs surpris des résultats à Mulhouse….

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